Directive Omnibus - Entre simplification et vigilance écologique : le besoin de visibilité des entreprises
La directive Omnibus cristallise aujourd’hui un débat européen majeur. À l’heure où les entreprises évoluent dans un contexte d’incertitudes économiques, elle interroge la capacité de l’Europe à concilier compétitivité, lisibilité réglementaire et ambitions de durabilité écologique et sociale.
La RSE : toujours essentielle pour les salariés
La RSE serait-elle vraiment passée de mode ? Certains médias parlent de « ras-le-bol de la RSE » chez les entreprises, tandis qu’en parallèle, 80 % des salariés français estiment que ce sujet reste essentiel au travail (baromètre Medef). Un paradoxe qui s’exprime aussi bien sur le terrain que dans les débats européens…
Depuis 2024, la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux grandes entreprises de publier des informations extra-financières sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance. Une avancée structurante, pensée pour renforcer la transparence et orienter l’économie européenne vers des trajectoires plus durables.
Mais cette ambition s’est heurtée à une réalité opérationnelle : complexité des exigences, coûts de mise en œuvre, charge administrative, notamment pour les entreprises situées en bout de chaîne de valeur. C’est dans ce contexte que la Commission européenne a proposé un « paquet Omnibus », visant à simplifier le cadre existant et à soulager une partie du tissu économique, en particulier les PME.
Paquet Omnibus : ce qui a changé
À l’origine, le paquet Omnibus prévoyait plusieurs ajustements aux directives CSRD et CSDDD (devoir de vigilance) :
- le report de certaines échéances de reporting
- le relèvement des seuils d’effectifs et de chiffre d’affaires pour être concerné
- la simplification des formats de rapports et des obligations de collecte de données
- une réduction de l’effet de ruissellement des obligations sur les PME et leurs fournisseurs
Décembre 2025 : un accord, mais des critiques vives
Après plusieurs mois de négociations, un accord provisoire a été approuvé par le Parlement européen le 16 décembre 2025, en attente d’adoption formelle par le Conseil. Le texte final prévoit notamment :
- l’application de la CSRD uniquement aux entreprises de plus de 1 000 salariés et réalisant plus de 450 M€ de chiffre d’affaires
- une CSDDD réservée aux très grandes entreprises (au-delà de 5 000 salariés et 1,5 Md€ de chiffre d’affaires
- un allègement ou une suppression de certaines obligations, comme les plans de transition climatique ou certains mécanismes de responsabilité
Ces décisions ont suscité des réactions contrastées. Les ONG environnementales et de défense des droits humains dénoncent un recul des ambitions européennes, voire un « retournement de cap » à un moment critique pour la transition écologique. À l’inverse, les partisans de la simplification y voient un moyen de restaurer la compétitivité des entreprises européennes et de concentrer les obligations sur les acteurs les plus structurés.
Notre conviction : vers une compétitivité régénérative
Chez Hippocampe, nous sommes convaincus que la transition durable ne doit pas fragiliser les entreprises, mais renforcer leur capacité à durer. La résilience ne se décrète pas : elle se construit par l’innovation, la transformation et une compréhension fine des modèles économiques. Réinventer la compétitivité, c’est sortir d’une logique de court terme ou de simple conformité réglementaire. C’est penser la performance comme une création de valeur dans le temps, au service de l’entreprise et de son écosystème. L’économie régénérative incarne cette vision. Elle dépasse les labels et les injonctions pour proposer une approche systémique, ancrée dans une réflexion sur le rôle de l’entreprise dans la société. Elle invite à embrasser la complexité (impacts, contraintes, chaînes de valeur) sans perdre de vue la performance et la viabilité du modèle. Nous sommes convaincus que les entreprises les plus performantes demain seront celles qui :
- maîtrisent leurs impacts environnementaux
- sécurisent leurs approvisionnements
- attirent et engagent des talents en quête de sens
- gagnent la confiance de leurs parties prenantes par une transparence assumée
Dans ce contexte, la réglementation européenne, aussi exigeante soit-elle, peut devenir un véritable levier d’opportunités pour repenser les modèles d’entreprise autour de la résilience et du sens.
Notre rôle : accompagner avec pragmatisme
Pour aider les entreprises à traverser cette période d’ajustement, nous proposons un cadre d’action clair et équilibré :
- Comprendre l’environnement réglementaire et stratégique
Identifier les obligations réelles et les attentes prioritaires des clients, partenaires et financeurs. - Construire une vision partagée
Mobiliser l’intelligence collective pour aligner stratégie, enjeux RSE et réalité opérationnelle. - Structurer une démarche simple et sincère
Mieux vaut quelques indicateurs robustes et utiles qu’une accumulation de données mal maîtrisées. - Valoriser les actions existantes
Les entreprises bretonnes, souvent discrètes, gagneraient à rendre visibles leurs engagements, localement comme à l’international. - Coopérer pour alléger la charge
Mutualiser outils, données et expertises via les réseaux professionnels, CCI et pôles de compétitivité.
La vision Hippocampe : rendre la transition désirable
Chez Hippocampe, nous ne croyons pas à une transformation durable imposée par la contrainte. Elle doit s’ancrer dans un territoire, une culture et des équipes. En Bretagne, territoire industriel riche de ses ressources naturelles, nous accompagnons les entreprises dans la construction de trajectoires responsables et crédibles, en nous appuyant sur :
- la créativité pour transformer les contraintes en opportunités
- une méthodologie sur mesure, adaptée à vos enjeux réels
- une écoute attentive de vos collaborateurs
- gagnent la confiance de leurs clients et financeurs par une transparence assumée
- des outils d’intelligence collective pour construire une vision partagée
La transition est en marche. Contactez-nous pour engager le mouvement.