La facilitation graphique : donner du sens et créer du lien
Rencontre avec Morgan Marzin, facilitateur graphique
Et si une image valait vraiment mille mots ? Dans un monde où l’information fuse de toutes parts, la facilitation graphique se révèle un formidable outil pour capter l’essentiel, favoriser l’appropriation et mettre en mouvement les collectifs. Morgan Marzin, facilitateur graphique et partenaire de l’agence Hippocampe, nous partage son parcours, sa vision et l’impact de son métier.
Un parcours atypique, guidé par le hasard et l’intuition
Morgan Marzin n’a pas toujours été facilitateur graphique. Avant de sortir ses feutres pour capter visuellement débats et conférences, il a passé 30 ans… dans la banque ! Un virage professionnel radical, né d’une réflexion sur le sens de son travail et d’un retour à une passion de jeunesse : le dessin. "Adolescent, j’adorais la BD, je suivais des cours aux Beaux-Arts, mais je n’avais pas envisagé d’en faire mon métier. Puis, un jour, j’ai croisé des facilitateurs graphiques et je me suis dit : c’est génial ce qu’ils font !" Après une formation en facilitation, il se lance et découvre rapidement l’impact puissant du dessin dans les dynamiques collectives.
La facilitation graphique, c’est quoi ?
Les puristes diront que c’est avant tout de la facilitation. Mon rôle est d’aider un groupe à avancer, réfléchir et décider grâce au dessin et au texte.
Concrètement, il existe plusieurs formes de facilitation graphique :
- La captation en direct : synthèse visuelle en temps réel lors de conférences, séminaires, ateliers
- Le sketchnoting : prise de notes illustrée, plus individuelle
- Le motiondesign : mise en images animées des idées et concepts
Le dessin aide à simplifier l’information, structurer les idées et rendre les échanges plus accessibles à tous.
Un langage universel qui favorise l’inclusion
Lors d’un projet avec l’entreprise adaptée Sevel, où des collaborateurs en situation de handicap participaient à des ateliers de co-construction, Morgan a mesuré l’impact social de son travail :
Des participants sont venus me voir en me disant : "Je ne sais pas bien lire ou écrire, mais avec le dessin, je comprends tout !" J’ai réalisé à quel point cet outil pouvait être inclusif et puissant.
Un catalyseur de lien et d’émotion
La facilitation graphique ne sert pas seulement à structurer l’information, elle renforce aussi la cohésion d’équipe. En croquant les participants ou en intégrant des bulles de dialogue humoristiques, Morgan humanise les échanges : "Les gens adorent se retrouver dans le dessin ! Cela crée du lien et donne une autre dimension aux discussions." Il lui arrive même de prendre la parole en fin d’événement pour livrer une synthèse « à chaud » de la session, avec parfois une touche d’humour décalé.
Un outil au service des transitions
Morgan intervient régulièrement sur des événements liés aux transitions sociétales et environnementales, notamment auprès de la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) . "Ces sujets sont parfois très techniques. Mon rôle est d’en extraire l’essence et de toucher les gens, y compris sur le plan émotionnel. Le dessin est un formidable levier de transformation."
Vers une facilitation graphique numérique
Si le dessin sur carton plume reste son format de prédilection, il explore aussi les outils numériques pour permettre une diffusion plus large des productions. "Je réalise des reprises numériques des captations pour les adapter en outils de communication internes ou externes, avec des corrections et ajouts possibles."
La facilitation graphique, un levier stratégique
Au-delà de l’aspect esthétique, la facilitation graphique est un véritable outil de stratégie et de transformation pour les organisations. Elle permet de :
- rendre les échanges plus clairs et accessibles,
- fédérer les équipes autour d’une vision commune,
- renforcer l’impact des prises de décision,
- capitaliser sur l’intelligence collective.